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CLEF(S) POUR LA VILLE

Notre projet se fonde sur la mise en valeur, l'échange et l'emploi des compétences, souvent méconnues qu’a tout un chacun. En effet notre projet vise à faire voir, à faire savoir et à faire circuler ces "connaissances pratiques", ces capacités d'invention dont nous sommes tous les dépositaires, et tout particulièrement les compétences acquises dans le cadre professionnel. Pour ce faire, nous mettrons en place un dispositif permettant l'exploitation et la mise en commun de ces savoirs innovants par le biais d'une méthodologie originale, qui emploie la "ville" comme un opérateur de changements et d'interactions ("objet transitionnel"); objet opérant sur les personnes par la mise en contact avec des lieux et des milieux divers et variés.

Description de la problématique

Une série de savoirs faire, de compétences ne sont pas connus des personnes qui les possèdent. Il existe une série de connaissances dont nous ne soupçonnons pas l'existence, pour lesquelles "nous ne savons pas que nous savons". Ne sachant pas qu'ils existent, il n'est donc pas permis de les transmettre. Aussi résulte-t-il un énorme gaspillage de savoirs vivants, sachant que ces pertes de savoir-faire, savoir-être seraient fort utiles à certaines personnes. Il y a tout lieu de réfléchir aux moyens de sauver ce qu'il est possible de sauver.

Nous estimons qu'il y a (au moins) deux niveaux de problèmes :

1. La mise en valeur du savoir sous toutes ses formes : il faut pouvoir rendre apparent ce savoir implicite d'une part et, d'autre part, lui reconnaître et lui donner, toute son importance, en changeant la perspective suivant laquelle on l'aborde, ou en le restructurant, en le refaçonnant, par exemple.

2. l'échange et la transmission de celui-ci : une fois ce savoir mis en valeur, il s'agit de répondre aux modalités de sa transmission. Quel en est le destinataire, quel est son format, dans quelles conditions se fait-il (qui transmet, où, quand, comment...), quel en est le but ?

Originalité 

L’originalité de notre projet réside dans sa méthodologie. Les deux niveaux du problème se résoudront par un opérateur unique, quoique particulièrement complexe : la ville. La « ville » entendue comme « réseau de réseau », système complexe. Certains territoires, les espaces urbains en particulier, possèdent en propre une intensité susceptible d'influencer massivement leurs habitants. Par la mise au point d’un dispositif, où une personne serait mise en contact avec des lieux et des milieux divers et variés, nous nous proposons de créer les conditions optimales de la mise en valeur et de la transmission du savoir. La ville sera considérée comme un "objet transitionnel" qui permettra le changement d’attitudes (déséquilibre cognitif) et le jeu d’interactions sociales qu’implique tout rapport au savoir.

Le savoir acquis par cette méthode aura un caractère beaucoup moins formelle, mais beaucoup plus dynamique que celui obtenu par des voies plus classiques. Cette méthode, par son action "in situ" permet aux personnes concernées de développer leurs capacités d'adaptation au maximum par un mouvement permanent d'ajustements réciproques aux lieux et aux personnes. D'autre part, le caractère concret et incarné, puisqu'une ville c'est un ensemble d'espaces habités, de repères structurants, permettra de mieux assimiler les nouveaux savoirs, stimulera la mémoire et la créativité. 

Public cible? 

Une ville, et Bruxelles en particulier, est constituée d'une population hétérogène. L'hétérogénéité se décline en diversité d'origine, d'appartenance sociale, d’âge, de sexe... Aussi est-il difficile de désigner un groupe-cible sur lequel il nous faudrait travailler plus particulièrement. Les grandes villes sont des lieux où les individus se côtoient sans se rencontrer. On y observe des phénomènes de discrimination qui s'expriment par ségrégation spatiale et résidentielle. Le vivre-ensemble n'est pas chose facile à mettre en oeuvre en leur sein. Pour atteindre une certaine mixité sociale, il est urgent de lancer des ponts, de partager des expériences communes et surtout d'échanger des savoirs.
 

Dimension transnationale

1. Échange, mise en commun et capitalisation d'expériences semblables réalisées dans d'autres villes européennes (Barcelone, Paris, Amsterdam...), en vue d'en dégager une synthèse, une généralisation qui enrichira notre démarche et celle de nos partenaires.

2. Mise en place d'une plate-forme commune, reprenant les résultats les plus significatifs de nos actions respectives sous la forme d'une publication en divers langues.

3. Sensibilisation (à un niveau transnational) des pouvoirs publics et des médias sur les effets de la ségrégation urbaine et à ses solutions.

Plus value du projet

L’innovation du projet se décline quatre points :

1.La mise à jour et la valorisation des savoirs implicites, ce qui a le mérite de mettre tout le monde sur un pied d'égalité (l'asymétrie habituelle des relations de d'apprentissage se voit atténuée)
2.Le projet emploie les vertus pédagogiques de la ville, qui jusqu’ici étaient restées inexploitées. La ville se présente sous un triple aspect cognitif, discursif et pragmatique dont il y a lieu de tirer toutes les ressources.
3.L’emploi de la dimension affective de l’apprentissage, notamment par la rencontre d’univers sociaux méconnus et à la charge émotionnelle qu'évoquent certains espaces urbains.
4.Le caractère informel de l’apprentissage, mais dont le dispositif a été pensé minutieusement, qui laisse une forte marge de manœuvre à tout un chacun et développe les motivations et la confiance en soi du "récepteur".


En d'autres mots, la plus-value consiste en : la mise au point d'une nouvelle approche pédagogique, qui sera plus ouverte au monde environnant, plus concrète (des personnes et des lieux), qui laissera la place à la créativité des acteurs et qui valorisera le caractère dynamique de l'acquisition. Nous pensons que cette nouvelle approche ne manquera pas d'avoir des implications positives (un cercle vertueux) sur le vivre-ensemble en milieu urbain.


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